Il Nest De Richesse Que Dhommes Dissertation Help

1Cette citation de Jean Bodin, vieille de plusieurs siècles, nous ramène à la question de la production et de la distribution de cette richesse : l’homme. À l’heure de la société de la connaissance, les hommes les plus qualifiés focalisent l’attention. Aussi ce numéro traite de la mobilité internationale des diplômés de l’enseignement supérieur, question souvent assimilée à celle de la fuite des cerveaux.

2Dans son dossier, ce numéro montre, à travers différentes approches, que la mobilité des cerveaux ne saurait se réduire à la question de la fuite des cerveaux. En effet, les migrations ne se limitent pas à des flux entre pays d’origine et pays d’accueil. Si les migrations s’accélèrent, avec une augmentation parallèle de la part des personnes hautement qualifiées parmi les émigrés, la circulation des cerveaux apparaît comme un jeu de chaises musicales. Les infirmières du Kenya remplacent ainsi celles d’Afrique du Sud, elles-mêmes émigrées en Grande-Bretagne, comme l’indique J.-J. Paul dans son introduction.

3A. Vinokur, qu’elle soit ici remerciée pour l’initiative de ce numéro, poursuit ces analyses, et va encore plus loin dans la relativisation de la controverse sur la fuite des cerveaux. Au final, la localisation des travailleurs hautement qualifiés renvoie fondamentalement aux relations entre capital et travail, bien au-delà des questions de relations entre pays et populations. En outre, elle insiste sur la limite des statistiques internationales en matière de mobilité ; en effet, les mobilités étudiantes n’y sont pas comptabilisées alors qu’elles constituent un vecteur important des migrations internationales, notamment pour les plus qualifiés.

4Le reste du dossier est précisément dédié à la mobilité internationale étudiante. Ainsi R. Ennafaa et S. Paivandi analysent les stratégies migratoires des étudiants pour leurs études et les facteurs -déterminant le retour ou non dans le pays d’origine après les études.

5M. Ballatore et T. Blöss montrent que la mobilité des étudiants dépend de leur carrière scolaire et de leur origine socioculturelle mais aussi des relations sélectives entre établissements de niveau de prestige équivalent.

6Pour leur part, H. Schomburg et U. Teichler tentent d’identifier les différentes composantes de la mobilité internationale étudiante et son impact sur la carrière ultérieure. Ils présentent ici des premiers résultats de l’étude Reflex de 2005 auprès de 40 000 diplômés, principalement européens, de l’enseignement supérieur. Il apparaît alors que la mobilité internationale concerne, à divers titres, 42 % des étudiants européens, tandis que 3 % d’entre eux sont employés à l’étranger cinq ans après l’obtention de leur diplôme.

7Enfin dans sa postface, B. Hugonnier rappelle que les travailleurs hautement qualifiés restent une ressource rare, et que leur formation en nombre suffisant demeure une difficulté au niveau international. En la matière, les défis de l’amélioration des efforts d’éducation et de concertation internationale restent entiers.

8À l’inverse, hors dossier, à travers le cas des ouvriers de la filière automobile, A. Georgeu et R. Mathieu rappellent les risques de déqualification dans une sphère productive soumise notamment aux réorganisations, au recours à l’intérim et à la concurrence internationale.

9Bonne lecture à tous.

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« Il n’est de richesse que d’hommes »… Je me suis penché sur l’origine de cette courte phrase érigée en adage des DRH et des défenseurs d’un certain humanisme d’entreprise. Je crois que nous avons tout faux. Le philosophe Jean Bodin, auteur de cette pensée, était aussi le théoricien précurseur du mercantilisme. Le sens de son propos sur la République, dont est extraite cette formule, est contraire à l’usage que nous faisons aujourd’hui de cette phrase-proverbe. Explications.

 

Dans le domaine des ressources humaines et du management, cet aphorisme célèbre « il n’est de richesse que d’hommes » est souvent utilisé. Exploité devrais-je dire tant il est usé à l’envie comme un jingle martelant l’évidence : l’Homme est une vraie richesse, au cœur du projet de l’entreprise.

Exigence à relativiser puisque notre maxime exprime le plus souvent un souhait ou une aspiration. L’Homme devrait être au centre des préoccupations de la société en général, de l’entreprise en particulier. Il ne le serait donc pas encore suffisamment aujourd’hui.

Les hommes, leurs talents, leurs intelligences individuelles et collectives ne seraient pas considérés à leur juste place dans l’économie de marché globalisée dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui.

 
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Alors, quelle était la volonté originelle de l’auteur quand il a prononcé cette phrase ?

L’initiateur souvent oublié de ce précepte RH est Jean Bodin (1529-1596). Cette phrase, il ne l’a pas prononcée, mais écrite. Elle est tirée du livre V de son livre Six Livres de la République, chapitre II ayant pour titre – attention prenez votre respiration- : « Les moyens de remédier aux changements des Républiques, qui adviennent pour les richesses excessives des uns, et pauvreté extrême des autres ».

À lire posément également, la citation complète est la suivante :

« Or il ne faut jamais craindre qu’il y ait trop de sujets, trop de citoyens : vu qu’il n’y a richesse, ni force que d’hommes : et qui plus est la multitude des citoyens (plus ils sont) empêche toujours les séditions et factions : d’autant qu’il y en a plusieurs qui sont moyens entre les pauvres et les riches, les bons et les méchants, les sages et les fous : et il n’y a rien de plus dangereux que les sujets soient divisés en deux parties sans moyens : ce qui advient ès Républiques ordinairement où il y a peu de citoyens ».

 

Pour Jean Bodin, la richesse constitue donc la valeur suprême. C’est la fin ultime de la vie sociale. Pour ce penseur, il ne suffit pas d’injecter du travail et du capital pour atteindre le Graal de la croissance déjà recherchée à l’époque. Le bien-être des hommes est aussi un facteur clé. Moi je dis : SUPER !

Problème : on a fait des Hommes et de leur bien-être le moyen d’une fin – l’accumulation de richesses – et non une fin en soi.

Comme le souligne le Pape François en dénonçant « la dictature de l’économie sans visage » : « l’être humain est considéré aujourd’hui comme étant lui-même un bien de consommation qu’on peut utiliser, puis jeter » ; « l’argent doit servir, il ne doit pas gouverner ».

Cette maxime tronquée de Jean Bodin pose donc une question bien contemporaine. Et le sens voulu de son auteur est à l’opposé de son usage actuel.

Ce n’est pas le confort des salariés qui était visé, mais bien l’accroissement de la population française. Jean Bodin est en effet l’un des précurseurs du mercantilisme dont on ne peut pas dire que l’Homme soit au cœur des priorités. Selon ce mouvement, la population sur laquelle règne le monarque détermine la puissance de la monarchie. Autrement dit, le nombre des habitants fait la richesse de l’État. Aussi, il préconise logiquement une politique démographique forte en encourageant le mariage, les familles nombreuses et l’immigration.

« Il n’est de richesse que d’hommes » signifie donc « plus la population est grande plus grande est la richesse du gouvernant ». Appliqué à la fonction RH, ça donnerait « plus mon effectif est important, plus grand est mon pouvoir ». C’est le « toujours plus » qui est prôné et non le « mieux de tous ». Tout un programme de société !

Bref, nous utilisons l’adage « il n’est de richesse que d’hommes » pas forcément à mauvais escient, mais plutôt à contre-emploi.

 

Préférons alors la citation d’Antoine de Saint-Exupéry :

« La grandeur d’un métier est avant tout d’unir les hommes ; il n’est qu’un luxe véritable et c’est celui des relations humaines ».

Crédit photo : © Bettmann/Corbis

 

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